Ce type de tête d'attelage est bien connu des fabriquants de remorques industrielles, porte-voitures, bétaillères pour bétail etc... il est prévue pour être fixé sur un camion qui doit tracter une remorque légère et évitent la casse de l'attelage, en compensant la raideur des suspensions du camion.
Bien sur un 4x4 qui tracte une caravane sur la piste cela doit régler bien des soucis.
Le problème de la piste dite "cassante" que l'on retrouve dans les 4km de no man's land qui sépare la Mauritanie du Maroc est simple, il faut rouler très très doucement passer chaque bosse, chaque roche plate, chaque trou l'un après l'autre et bien ajuster sa trajectoire pour ne pas avoir de grosse bosse entre les roues gauche et droite, de bien faire attention à l'attelage qui risque de toucher en sortie de creux et bien sur au porte-à-faux arrière.
Le problème de la tôle ondulée (les mauritaniens utilisent l'onomatopée "rang-rang") est bien plus conséquent, les ondulations de la piste font vibrer le véhicule. Il faut donc rouler très doucement ou bien à une certaine vitesse qui permet en quelque sorte de voler sur le haut des ondulations, cette vitesse, dans la pratique il faut accéler franchement, endurer les vibrations de plus en plus fortes à mesure que la vitesse augmente et à partir d'une certaine vitesse d'harmonisation comme par miracle il n'y a plus de vibrations. Cette vitesse est fonction de l'amplitude de la tôle ondulée c'est à dire la distance entre le haut des bosses, elle est fonction du diamètre des pneus et de leur pression. Avec un 4x4 équipé de pneus normaux pour un usage mixte (piste et route) cette vitesse se situe sur les grands axes africains roulants où la tôle est formée par le passage des camions aux alentours de 70 à 90 km/heure.
Un grand diamètre de pneus diminue cette vitesse d'harmonisation ainsi qu'un pression plus faible.
Le hic c'est d'arriver à cette vitesse à condition que la configuration de la piste le permet, en phase d'accéleration il vaut mieux bien souvent rouler très au bord, à la limite du fossé, car la tôle y est moins sévère et se recentrer dès la vitesse adéquate atteinte. Le re-hic c'est qu'il y a bien souvent des ornières ou des saignées en travers de la piste que l'on voit le plus souvent tardivement, il faut donc freiner violement pour perdre le maxi de vitesse sur une brève distance et impérativement relacher le frein à l'entrée de la saignée ou de l'ornière (voire redonner un peu de gaz) de façon à ne pas y entrer avec les suspensions avant compressées sous l'effet du freinage. Oublier l'idée de donner un gros coup de volant pour éviter l'ornière à cette vitesse car c'est le risque de partir en tonneaux (les mauritaniens disent "culbuter").
Pour les 4x4 de mon agence, j'utilise des pneus spéciaux de grand diamètre (près de 1 mètre pour les Chevrolet) et gonflès à basse pression 1kg sur la tôle. Cela permet d'abaisser la vitesse d'harmonisation aux alentours de 45 km/h et de rouler sans les dangers dus à la vitesse sur la tôle.
Toyota hilux mauritanien qui vient de "culbuter" entre Chinguetti et Atar. La piste est bien droite, bien plate et on distingue un peu les ondulations.

Le toyota est remis sur roues. On aperçoit les grandes roues du Chevrolet à l'arrière plan.

En attelage caravane ou remorque porte-voiture le problème se complique vraiment car les pneus du tracteur et ceux de la remorque n'ont pas le même diamètre et leurs vitesses d'harmonisation sont différentes. Celle pour le tracteur sera plus faible que celle de la remorque, bien souvent on se sent bien dans le tracteur mais les vibrations sont très fortes dans la remorque et dessèrent la visserie et fatiguent la structure.
Une remorque deux essieux aurait tendence à encaisser un peu mieux les outrages de la tôle ondulèe, une trois essieux c'est encore mieux.
Le "petit soucis" dont j'ai posté les photos m'est survenu en 2003. L'ensemble avait une longueur totale de 15 mètres. Le fourgon était bien chargé pour ne pas dire en surcharge et ses suspensions étaient très souples.
La route jusqu'à Nouakchott n'était pas goudronnée intégralement, il restait à ce moment quelques tronçons en tôle ondulée. Après une centaine de kilomètres sur la tôle à 70/80 km/h j'ai retrouvé le goudron. Dès la vitesse de 100 km/h atteinte le panneau droit s'est envolé d'un seul coup. Bien sur la caravane n'était pas de toute première jeunesse et il y avait du vent fort, mais je suis convaincu que le principal fautif c'est la tôle ondulée car j'avais avalé plus de 4000 km sans encombre les 4/5 jours précédents depuis mon Auvergne natale. La caisse est devenue une petite épicerie en bord de route, j'ai ramené le chassis en France et il est devenu un plateau porte charge avec lequel j'ai fait plusieurs fois le voyage en Mauritanie.
L'ensemble en trois essieux que j'utilise maintenant en Mauritanie, longueur totale 17 mètres
